Chaque été, je redécouvre la roue! Avec la chaleur, la mer, le sable, et cette saison que la plupart d’entre nous attend avec impatience, me revient une banalité: le bijou n’a jamais besoin de raconter une histoire de patrimoine ou d’investissement. Quand la température monte, la fantaisie reprend le pouvoir. Le luxe consiste parfois simplement à porter un bijou chatoyant, coloré et qui nous fait sourire.
Une nouvelle génération de créatrices accompagne ce glissement avec un enthousiasme réjouissant. Leur terrain de jeu: la couleur, la forme, l’humour souvent, et une liberté assumée face aux codes traditionnels. Elles viennent des quatre coins du monde. Beaucoup se sont fait connaître par les réseaux sociaux et ont des dizaines de milliers de followers même si les revues sérieuses citent rarement leurs noms. Alors, c’est parti!

Faites connaissance avec l’Américaine de Seattle Sophie Gardner, lapidaire et gemmologue, qui m’a donné des envies de mer dès le début du printemps. Coquillages sculptés à la main, dignes du chemin de Compostelle, poissons et crustacés, insectes et talismans de pierres dures composent une vision poétique entre cabinet de curiosités et souvenirs de plage. Une joaillerie gaie et narrative comme un fragment d’évasion.
Ma découverte italienne un peu «fofolle» Bea Bongiasca. Formée à Milan, la créatrice bouscule les codes avec des bijoux en émail aux couleurs acidulées, pierres de couleur et formes inspirées des fleurs ou des lianes. Un univers pop et joyeux! Les bijoux paraissent avoir été dessinés par un confiseur sous l’emprise du LSD.

La Londonienne Roxanne First, moins «dingo» que la précédente, revisite la petite joaillerie avec une approche décontractée. Saphirs arc-en-ciel, accumulations colorées, évoquent un luxe ludique plus à la portée de tous. Ses chevalières, tout sauf sérieuses, ont particulièrement attiré mon attention.

Anabella Chan, encore une Britannique, est réputée pour son usage innovant de pierres de synthèse (que je ne cautionne pas!). Elle imagine des créations spectaculaires inspirées des fleurs, des papillons et des mondes fantastiques dans lesquels les couleurs rivalisent d’intensité. Son collier de coquillages «conques» aux teintes de Paraíba m’a totalement bluffée.
Un peu kitch assumé, une autre Américaine Alison Lou, injecte une dose d’humour dans ses bijoux. Un «clin d’œil» espiègle à la culture contemporaine. Une joaillerie légère, qui ne se prend pas trop au sérieux. Merci!

À l’opposé de certaines autres créatrices, la marque française JEM Paris revendique un minimalisme contemporain et engagé. L’or Fairmined paraît tout en finesse mais n’en croyez rien. Des octogones, des cercles, des motifs simples qui s’enlacent composent des collections faciles à porter en été et que l’on peut accumuler en hiver.
La marque new-yorkaise Brent Neale, bien que plus classique, déploie des contrastes imaginatifs. Pastèques, champignons, soleils, poissons… Un univers presque psychédélique. Une bague ornée de deux perles des mers du Sud tire néanmoins très classiquement et élégamment son épingle du jeu tout comme un pendentif «moule» ou un poisson «à l’italienne», style années 50-60.

La marque barcelonnaise «PDPAOLA» incarne elle une élégance solaire et contemporaine aux prix très attractif… Car les bijoux sont en plaqué or. Influence méditerranéenne, lignes fines, pierres de couleur s’organisent dans des collections faciles à porter capturant la lumière durant un bel été.

Ces créatrices dessinent une même envie: celle d’un bijou qui respire. Qui joue. Qui ose. Elles ne révolutionnent pas forcément la bijouterie ou la joaillerie mais certainement quelques codes esthétiques. Et rappellent que le bijou peut aussi être léger, ludique, parfois inutile… Donc absolument essentiel.
Catherine De Vincenti
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